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 De Vrouwe Cornelia,  péniche hollandaise de 1908

Quitter l'Angleterre !

 

Ça y est, le choix est fait, l'argent a été débloqué, maintenant il faut signer. Et après la ramener. Et non, d'ailleurs, on ne va pas trop la ramener, vu que tout le monde est inquiet par l'aventure qui nous attend...

 

Mais prenons les choses dans l'ordre : allons donc à London signer pour 20 ans de remboursement...Ferry aller Et dorénavant, le 11 novembre sera pour moi la date d'une autre signature, très européenne par ailleurs : il s'agit en fait de l'achat par un petit (enfin...) français d'un bateau à un suisse allemand présenté par un broker hollandais et tout ça dans un chantier anglais. Facile !Cornelia au chantier de LondresCornelia au chantier de Londres2

 

 

 

 

 

 

Un petit français qui n'en mène pas large. Il n'est titulaire que d'une maitrise moyenne de l'anglais de base, et évidemment, tout va se passer dans cette langue, même si mon suisse allemand de vendeur a le bon goût de maîtriser un bon minimum de français. De temps en temps, ça va reposer.  Je sais aussi que j'ai quasiment tout fait comme il ne fallait pas : je n'achète pas des bateaux tous les jours, alors je navigue à vue.

D'abord je connais très peu le bateau. Je sais que le moteur tourne et que le tout flotte depuis que j'ai rencontré Cornelia en Belgique mais je n'ai pas fait d'essai dessus.

Il y a aussi que, du prix, je n'ai juste négocié que le droit de me faire avoir : c'est le vendeur que va choisir et payer l'expert avec un seul objectif : que la coque fasse ses 3 mm d'épaisseur partout pour être vendable. Ca donne au bout du compte un sentiment désagréable, une pression continuelle qui fait que cela ne restera pas comme un moment heureux.

Ça y est, c’est signé ! Un peu de tourisme et je reprends mon break de chasse direction la France avec un trousseau de clé, mon exemplaire du contrat signé et la promesse du patron du chantier que c’est bien des anodes en alu qu’ils vont poser avant de le remettre à l’eau. Et bien franchement, il y a comme un manque...

 

Un mois de pause boulot.

 

Le temps de trouver 3 inconscients-volontaires-bénévoles équipiers pour commencer l’aventure du retour de la Dame. Car j’ai décidé de la ramener moi-même (pas en convoyage) par un chemin qui longera les côtes de la Manche jusqu’à Saint Malo, puis une traversée de la Bretagne par les canaux jusqu’à Arzal pour finir par l’Atlantique jusqu’à Rochefort.

En résumé, 800 milles avec un bateau qu’on ne connait pas, moyennement fait pour la chose et évidemment en plein hiver, sinon ce serait trop facile...

On guette aux fenêtres météo, du genre mer calme, vent de force moins de 4. Ce qui arrive donc mi décembre. En même temps, le début sur la Tamise doit pouvoir se faire même avec moins de calme. On évitera quand-même le baston d’est ou nord-est...

Mais là, c’est pas le cas, c’est même grand bleu au moment du départ de La Rochelle. En voiture, toujours la même, rien de tel que les transports en commun...

On arrive à Londres – Brentford, pour être précis, vers tard dans la nuit, toujours en voiture, ce qui va obliger l’un d’entre nous (merci Ludo !) à un aller-retour Londres-Calais parce qu’on n’a pas réussi à la faire tenir sur le pont de Cornelia. Je savais bien que j’avais vu trop petit ! Vue sur le chantier à LondresVue générale du chantier

Je m'entraine à monter et descendre le mât, en attendant que  l'Autre là, la Tamise, elle monte : eh oui ! il y a des marées à Londres, et pas qu'un peu, et c'est pour ça que le début est lent, puisque contre courant.

Et la marée ne nous est pas favorable. Il faut attendre le milieu de l’après-midi pour que le bateau reflotte dans se petit bras du fleuve. Et en Angleterre, c’est quasiment juste après midi qu’il fait nuit.

C'est parti

C’est donc à la nuit tombante que Cornelia s’ébroue. Direction l’est. Contre le courant encore pour 2 bonnes heures. ça va pas vite. Et que la barre est lourde !

On passe sous le premier pont, ça passe large évidemment, le mât est couché sur son berre.

Premier pont

 

On croise de joyeux groupes qui font de l'aviron. Nus évidemment et une bouteille à la main, pas de souci, on est en Angleterre... Avirond

 

On a prévu de récupérer Ludo avant d'être vraiment à Londres, et on y arrive, presque sans téléphone, pas exactement où c'était prévu, de nuit et au vol. Facile !

 

Le courant s"est inversé, les pont défilent, pas tous très hauts, on commence à reconnaître.

 

London by night with in old dutch Tjalk. Great !!!

La Tamise de nuit House of Parliament

 

On touriste un peu d'une berge à l'autre, un cata taxi s'arrête visiblement pour nous laisser passer. Sorry boys, it's only froggies with their new toy !

 

Hello Big Ben. LaTamise de nuit Big Ben

LaTamise de nuit Big Ben heure de passage L'heure de passage (heure anglaise of course !)

2 des 347 photos du pont de Londres, LaTamise de nuit Pont de Londres

LaTamise de nuit Pont de Londres 2 et le fleuve s'élargit. On se pose un peu.

 

La City  La Tamise de nuit La City

 

Le Millenium Stadium La Tamise de nuit Milllenium Stadium 2

 

On arrive à l'écluse anti-crues. Quelques secondes d'hésitation et on passe au bon endroit. On se fait la nuit ? Il fait calme. Pourquoi pas ? Eh bien ce ne sera pas l'avis de la police du port, qui nous contraint à nous arrêter pour la nuit, il n'ont pas apprécié notre trajectoire du coeur de Londres. Comme mon équipage a brusquement perdu jusqu'au moindre rudiment d'anglais, je prends le savon, mais ça va, on a quelques recommandation pour le lendemain, des coup de VHF à passer à des endroits précis, that's all. Good trip and take care !

 

Le lendemain, magnifique lever de soleil.

La Tamise 2ème jour Lever de soleil industriel 2 La Tamise 2ème jour Lever de soleil industriel

 

Des cargos stressants.

  Tamise Cargo

 

On a levé le mât au matin, alors on monte le foc. C'est pas encore de la voile pure mais on n'en est pas loin.

La Tamise 2ème jour première voile

 

La mer n'en finit pas d'arriver, qu'il est long cet estuaire de la Tamise.

 

Fin d'après-midi le vent se lève. La mer aussi. Force 4 d'est-nord-est, creux de 1,50m, de face, c'est pas le trip d'un Tjalk ... Cornelia fait caisse de résonnance, je me demande si elle va tenir. Mais ça passe. On double la pointe de Margate vers 22h et du coup on a le vent dans le dos. Mais tout le monde fatigue, on visait Calais ou Douvres, se sera Ramsgate, une arrivée à marée quasi basse avec encore du vent et là encore, tout le monde assure.

 

Allez ! Au dodo ! Merci Ludo, merci Pierre, merci Daniel. Et merci Cornelia. C'est pas la France mais c'est quand-même (presque) la Manche. Demain du train, du ferry et de la voiture. Y'a pas, c'est chouette la plaisance!

 

La suite : Quitter l'Angleterre, ... si on peut !

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